L’enregistrement du sommeil à domicile : une première en France

Publié le 14 mars 2011

Enregistrement du sommeil à domicile

C’est une expérimentation plutôt inédite en France ! L’équipe du professeur Vespignani, chef du service de neurologie de l’hôpital universitaire de Nancy et l’association Hospitalisation à domicile de l’agglomération nancéienne (HADAN) ont procédé à des enregistrements du sommeil à domicile.


Des essais concluants pour des patients qui sont dans un cadre rassurant et des bénéfices certains, tant sur le coût que sur les délais d’attente. L’initiative pourrait bien se généraliser d’ici peu.


Agnès Ducret, cadre de santé à l’HADAN nous relate cette expérience.




1.    D’où est venue l’idée de ce projet et comment a-t-il été rendu possible ?


Cette innovation, jamais réalisée ailleurs en France et restée à un stade expérimental, est partie d’un constat : les délais d’attente pour un enregistrement du sommeil dans le service de neurologie sont extrêmement longs. Il faut compter plusieurs mois, voire une année avant d’avoir un rendez-vous. Il s’agissait donc de répondre à un réel besoin.

L’étude a été menée avec le service de neurologie du CHU de Nancy et à sa tête le professeur Vespignani, qui en est à l’origine. Son but était d’analyser la faisabilité d’enregistrements du sommeil pour détecter d’éventuelles pathologies neurologiques chez certains patients. Ces enregistrements, dits polysomnographiques, permettent d’avoir des paramètres cardiaques, musculaires et neurologiques.


>> L’intérêt de cette expérience est d’avoir pu analyser le sommeil dans l’environnement du patient : dans sa maison, dans son lit avec des conditions naturelles et un cadre de vie inchangés (perturbations ou bruits habituels par exemple). L’objectif était aussi de déterminer si cela était techniquement possible.


« On aurait pu par exemple avoir des difficultés à cause des interférences avec la wi-fi ou des appareils électroniques présents. Nous en sommes restés au stade de l’expérimentation. Ce projet a été mené dans le cadre de l’Hospitalisation à domicile (HAD), car il n’y a, à l’heure actuelle, pas de prise en charge par la sécurité sociale. Nous avons aussi obtenu une enveloppe de l’Agence régionale de santé (ARS). »




Enregistrement du sommeil à domicile2.    Quels patients ont pu en bénéficier ?


Nous avons réalisé ce test sur 48 patients en octobre et novembre 2010. Tous ont été « sélectionnés » par les neurologues de l’hôpital lors d’une consultation afin d’écarter d’autres pathologies et d’être sûr que l’expérimentation à domicile était sans danger. Pour certains autres, selon le diagnostic, l’enregistrement restait fait en milieu hospitalier. Les patients choisis ont tous été informés de l’expérimentation et nous avons bien entendu obtenu leur accord. Les enregistrements ont été concluants puisque l’on a trouvé, ou non, des perturbations sur le sommeil de ces patients. L’analyse de la faisabilité a été réussie.




3.    Comment s’est concrètement déroulée l’expérimentation au domicile des patients ?


Nous avons formé à l’hôpital une équipe d’infirmières libérales pour réaliser ces actes. Entre 16 heures et 17 heures, une infirmière se rendait au domicile du patient pour installer une vingtaine d’électrodes, en moyenne, sur tout le corps : le torse, la tête, ainsi qu’un capteur nez et bouche. Le patient se familiarisait ainsi avec l’appareillage et l’infirmière prenait le temps de lui expliquer les choses en lui rappelant de ne rien changer à ses habitudes. Le lendemain matin, elle revenait débrancher les appareils. Les résultats étaient consignés dans un petit appareil d’enregistrement portatif. La nuit du patient était enregistrée sur une carte mémoire qui était ensuite transmise au service de neurologie.


L’objectif futur, si l’ARS et la Direction générale de la santé valident cet essai, serait de travailler avec une société qui a la gestion d’un logiciel permettant de transmettre les données par Internet. Les résultats sont en tout cas encourageants et le projet est innovant.



4.    Quels atouts représente cette expérience ?


Les délais d’attente pourraient être considérablement raccourcis et le turn-over de patients, beaucoup plus important. Il existe à l’heure actuelle 2 lits d’enregistrement sur le CHU de Nancy. Ce sont donc 2 enregistrements par nuit, soit 8 par semaine qui peuvent être réalisés à l’heure actuelle, alors que des centaines de patients sont en attente d’un tel examen pour des délais qui avoisinent parfois un an. De nombreuses personnes souffrant de troubles du sommeil et d’insomnies seraient alors plus vite pris en charge.
Il y a d’autre part un avantage financier indéniable. Les enregistrements à domicile coûtent bien moins cher et évitent les frais supplémentaires qu’occasionne l’ouverture de lits au sein de l’hôpital.



Pour aller plus loin : www.cadredesante.comwww.republicain-lorrain.frwww.e-alsace.net

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