Connaissez-vous la somniloquie ?

Publié le 8 janvier 2015

SomniloquiePlus fréquent qu’on ne le croit, la somniloquie, qui consiste à chuchoter, parler, crier ou pleurer pendant la nuit, est pourtant sans répercussion sur le sommeil et la santé. Ce trouble du sommeil, récemment étudié scientifiquement, était au programme du dernier congrès du sommeil qui s’est tenu à Lille fin novembre.


Qui n’a pas déjà parlé, marmonné ou même hurlé pendant son sommeil ? La somniloquie toucherait près de 50% des enfants, 71% des hommes et 75% des femmes. Même les animaux peuvent en être atteints… Pourtant, seule 1,5% de la population serait touchée de façon régulière.



Occasionnée durant le sommeil paradoxal


Ce trouble du sommeil peut commencer dans l’enfance avant de s’espacer, voire de disparaître en grandissant. Il a lieu essentiellement durant le sommeil paradoxal, qui  correspond à une phase de sommeil léger durant laquelle nous extériorisons nos rêves. La somniloquie peut aussi être occasionnée lors d’un épisode de fièvre ou de grosse fatigue. Généralement associée aux gestes, elle évoque parfois des paroles distinctes avec des répétitions de mots ou de termes, des cris, des menaces ou des chuchotements.



Un intérêt scientifique


Sous la direction de Ginevra Uguccioni, neuropsychologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, une équipe de chercheurs français s’est pour la première fois intéressée à ce trouble du sommeil. Les scientifiques ont filmé la nuit, puis analysé les données de 232 patients atteints de somniloquie, mais également de somnambulisme et/ou de Troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP). Leurs conclusions ont été présentées à l’occasion du Congrès du sommeil organisé à Lille du 20 au 22 novembre dernier par la Société française de recherche et de médecine du sommeil (SFRMS).



Gênante mais sans danger !


Il en ressort que la plupart des patients présentaient un langage souvent ordurier mêlant injures, insultes ou grossièretés et injonctions sur un ton interrogatif et/ou négatif, avec des thèmes se rapportant au travail. Seules 36% de ces vocalisations nocturnes étaient des paroles compréhensibles et les 74% restant plutôt constituées de pleurs, rires ou cris.

Ginevra Uguccioni a rappelé que ce trouble n’est pas une maladie et reste sans conséquence sur la santé ou le sommeil des dormeurs. La somniloquie ne réveille pas non plus celles et ceux qui en sont victimes. Elle doit être distinguée du somnambulisme, qui se manifeste, lui, par des crises occasionnées en première partie de nuit durant le sommeil lent ou profond et qui entraine l’exécution de gestes ou comportements automatiques.

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Nous passons environ un tiers de notre vie au lit. Si certains tombent rapidement dans les bras de Morphée, ce n'est pas le cas pour près d'un tiers des français qui souffrent de troubles du sommeil.

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